En qualité d'insufflateur, exceptés quelques rares récits de tentatives de réanimation de personnes supposées mortes dans l'Antiquité, il faut attendre le 16ème siècle pour entendre parler de l'ancêtre de ce matérel médical.
C'est André Vésale, dans son "Humani Corpores Sanita", en 1543, qui décrit le premier l'insufflateur archaïque avec la ventilation artificielle pratiquée sur un animal grâce à un roseau introduit dans la trachée (méthode qui réapparaîtra 350 ans plus tard avec la chirurgie thoracique!)
En 1744, une publication médicale raconte un bouche à bouche réalisé avec succès sur un patient asphyxié et 20 ans plus tard, l'insufflation pulmonaire fait partie des moyens de réanimation des sujets en mort apparente.
Mais, à partir de 1827, Leroy d'Etiolle alerte sur les dangers de l'hyperpression pulmonaire ce qui va, pendant les 50 années suivantes, jeter un discrédit sur ces méthodes.
Heureusement, en 1875, plusieurs nouveaux appareils voient le jour, dont l'insufflateur du docteur Pros mais c'est à Matas, que l'on doit le premier ventilateur moderne.
A la suite de l'épidémie de poliomyélite en Suède en 1954, ces matériels médicaux vont être fabriqués en grande quantité.
Pour finir, en 1970, l'électronique entre dans leur fabrication.
Le ballon insufflateur manuel est utilisé pour ventiler manuellement une personne ayant des difficultés respiratoires : il remplace temporairement le ventilateur mécanique et va permettre de charger les poumons en air riche en oxygène et de les vider de l'air chargé de gaz carbonique comme le fait naturellement l'inspiration et l'expiration d'un sujet sain.
Si le ventilateur dont dispose les malades est en panne, cet appareil va permettre de prendre le relais le temps de changer de matériel.
Pendant la période d'hospitalisation du patient, l'entourage est formé à l'utilisation du ballon insufflateur. Savoir s'en servir fait même partie des conditions indispensables pour un retour à domicile après la mise en place de la ventilation. Toute personne ayant appris à s'en servir peut donc l'utiliser en cas de nécessité.
La seule restriction est d'utiliser un ballon adapté à la capacité respiratoire du malade : il existe trois modèles de tailles différentes, selon l'âge du patient et donc de sa capacité respiratoire théorique. Par ailleurs, le masque bucco-nasal est aussi adapté à la taille du visage.
Un récit étonnant nous parvient du Canada : il s'agit de la naissance d'une petite fille, à la maison, dans l'eau avec pour aide la seule présence d'une sage femme.
Au moment de l'accouchement, le bébé avait le cordon enroulé deux fois autour du cou. Lorsque l'enfant arrive, par siège, il est inerte, très blanc et ses extrémités sont bleues... collé contre sa maman qui lui masse le pied, toujours relié à elle par le cordon ombilical, Il est alors placé sous insufflateur.
On en arrive donc à se demander si la réanimation d'un bébé à l'hôpital, qui est souvent une procédure complexe avec un bébé fragilisé, cordon coupé, loin de sa mère, posé sur une surface dure, est la meilleure méthode.
Mais, la réanimation à domicile n'est peut-être pas non plus sans risque malgré l'utilisation d'un insufflateur manuel.